A road trip ?



18 juillet 2011 - 27 juillet 2011 :
dix jours sur les routes entre Toronto et New York City, pour deux français avides de découverte. Prenez une voiture, ajoutez des grands paysages encore verts, faites chauffer à (très) haute température. Saupoudrez d'une pincée de tourisme, relevez la tête le temps d'admirer les animaux, laissez un peu de place pour les surprises, et vous obtiendrez un "road-trip" tout frais !

C'est l'histoire d'un voyage...

Matériel nécessaire :

- Un passeport
- Une bonne carte bleue
- Une voiture de location (et le permis qui va avec)
- Une tente
- Quelques ustensiles de camping
- Un accès à Internet avant le départ
- Une carte routière
- Si vous n'aimez pas vous perdre, un GPS

Jour 6 : New York City

Au réveil, nous sommes affamés. Nous errons dans les rues de New York à la recherche d'une boulangerie (ou équivalent pas trop mauvais), et atterrissons dans un immense centre commercial aperçu la veille, apparemment le lieu de rendez-vous d'un grand-nombre de new-yorkais. Quand soudain, au dernier étage, au détour d'un passage par la librairie où je suis horrifiée par la laideur des couvertures, nous trouvons notre bonheur. Un petit déjeuner pantagruélique à base de muffins, de cookies, de café et d'autres spécialités dont nous ne connaissons toujours pas le nom nous permet de profiter du wifi pour envoyer des mails à la famille et regarder les prix des comédies musicales sur Broadway. Billy Elliot est à l'affiche, ainsi que le Cirque du Soleil ! Malheureusement, payer plus de 80 $ chacun pour aller voir un spectacle, c'est un peu exagéré à nos yeux...
Nous noyons notre chagrin dans les jeux vidéos, car en visitant le magasin Samsung, nous nous apercevons qu'ici, on peut tout tester gratuitement, il suffit de demander. Il y avait même un tournoi de Street Fighter organisé (et le Tour de France sur grand écran) ! Le concept du magasin est si différent de la France que j'ai failli demander où est-ce qu'il fallait payer ^^

Après avoir bien profité de la climatisation, nous ressortons dans la chaleur écrasante, direction Central Park. Toute la journée est prévue pour en profiter, et heureusement car c'est bien plus grand qu'on ne le pensait !

1ère étape, les terrains de baseball sur lesquels nous tombons par hasard, histoire de bien découvrir la faune locale. Les équipes sont plus ou moins professionnelles mais portent toutes des tee-shirt de club, ce qui nous fait penser que tout le monde ne peut pas emprunter un terrain comme ça. 

2ème étape, un banc à quelques mètres de là. On aurait voulu marcher mais la chaleur nous a contraints à nous arrêter.

3ème étape, le marchand de glace sur le bord du chemin. 

4ème étape, les toilettes : ma glace bleue a fondu sur ma main et même le savon ne parvient pas à enlever la couleur de mon bras. Je n'ose même pas imaginer ce qu'elle contenait !

5ème étape, le banc. Enfin, pas le même, un autre. Mais il fait vraiment trop chaud.

6ème étape, le superbe escalier qu'on voit dans tous les films : passage obligé pour la photo romantique !



Nous admirons au passage les superbes nénuphars de la fontaine, espérant y voir une ou deux grenouilles, mais elles aussi devaient avoir trop chaud. 



7ème étape... Eh non, pas le banc ! La harpiste qui était dessus ^^ Elle jouait vraiment bien, et possédait d'ailleurs son petit cercle d'admirateurs à côté. C'est à ce moment-là qu'on se dit : New York, c'est vraiment la ville des artistes.


8ème étape, notre impression se confirme en passant devant des dizaines de portraitistes plus doués les uns que les autres - vous savez, là où dans les films, on demande toujours à des amis "Vous voulez un portrait souvenir, les amoureux ?", mais les amoureux n'en sont pas officiellement même s'ils s'aiment à la folie... Hum, je divague.

Passons à l'étape suivante, la 9ème si je sais encore compter : un point de vue sur Central Park depuis la tour d'un château dont je ne me souviens plus le nom. 


C'est beau, hein ? J'aime beaucoup cet endroit, d'où on voit très bien le contraste entre cette immense parc avec de la verdure à perte de vue... et le lieu où il est situé : New York, la ville la plus connue au monde !

10ème étape : le marchand de glace. Et le banc. Il fait vraiment, vraiment trop chaud !

11ème étape, un petit endroit près d'un bassin, où je cherchais désespérément le Alice Tea Cup, un salon de thé dont j'aurai l'occasion de vous reparler. Nous trouvons bien Alice au pays des merveilles, mais son thé laisse à désirer, même si la visite est très sympathique ! Voyez plutôt :


12ème étape : sortir de Central Park. Oui, c'est une étape à elle toute seule car ce n'est pas si aisé qu'on le croit : il nous a fallu consulter notre plan à plusieurs reprises... et nous asseoir sur plusieurs bancs, en compagnie des écureuils et des coureurs (mais comment font-ils avec cette chaleur ?). 

Mais enfin, c'est fait, nous voilà sortis avec la ferme intention de visiter les grands magasins de la 5ème avenue pour faire les vrais touristes (il paraît que c'est un passage obligé) en profitant de la clim. Oui mais bon, la 5ème avenue traverse toute l'île ! Nous la remontons d'un côté, mais après trente minutes de marche sans voir un seul magasin, on décide de s'arrêter sur les marches d'un musée. Un saxophoniste nous fait le plaisir de quelques morceaux fort bien interprétés (New York est vraiment la ville des artistes !) et nous aide à nous décider : puisque nous sommes des touristes, nous ne pouvons pas quitter New York sans avoir essayé un des fameux "cabs" jaunes. Autant en appeler un pour nous conduire à l'autre bout de la 5ème avenue, non ? D'autant qu'ils sont plus nombreux que les voitures personnelles, cela ne doit pas être trop compliqué d'en héler.

L'un des fameux taxis jaunes qui sillonnent les rues de New York

Bon. L'expérience est plaisante, on apprécie le petit écran TV à l'arrière et la vitre comme dans les films, le stress des dollars qui montent sur le compteur et le passage de la carte dans la machine à l'arrière, sans entendre un mot du chauffeur qui ne parle manifestement pas anglais. Voilà, c'est fait, mais on va continuer à pieds, merci !


Informations pratiques

Objet : taxis jaunes de NYC
Prix par course : 2,50 $
Prix au miles ou à la minute (à ajouter au prix de la course) : 40c (50c la nuit).
Course effectuée : 8 miles le long de la 5e avenue avec des bouchons, du Metropolitan Museum of Art au MoMa.
Prix payé : 11, 20 $ + 10 % de pourboire


Comme les grands magasins ne sont sommes toutes que des grands magasins (avec la clim, leur plus gros avantage !), nous ne nous attardons pas outre mesure. Nous ne résistons pas à entrer dans les deux gigantesques Apple Store tout en verre que nous croisons, là aussi en libre service et avec des tables d'assistance pour les débutants, ce qui nous permet de tester l'iPad 2... qui nous plaît beaucoup. Après avoir consulté nos mails depuis la "Big Apple" (ha ha ha), ce qui a quand même la classe, nous repartons en quête du Alice Tea Cup pour nous restaurer. Apparemment, il est juste à côté de notre hôtel, chic !
Oui mais voilà... Ce salon de thé a beau faire à manger, il ferme le soir. On nous invite à revenir pour le brunch du lendemain matin (dimanche), et nous repartons avec l'estomac dans les talons. C'est probablement notre ventre gargouillant qui nous mène sur Columbus Avenue, où la providence a rassemblé des tas de restaus bon marché qui nous avaient échappé jusque-là. Nous en profitons pour goûter les des nachos et des burritos, pas déçus du voyage !

Le soir, épuisés, nous nous cultivons en regardant un peu la TV de l'hôtel avant de nous coucher. Une constatation : les émissions américaines ne sont pas mieux que sur les chaînes françaises. Par contre, le canal qui diffuse les vidéos des caméras de surveillance de New York est fascinant !

Jour 7 : New York City

Aujourd'hui dimanche, c'est jour de brunch ! Impossible de passer à côté de cette institution New Yorkaise, d'autant que le Alice Tea Cup nous attend. Frais et dispos, nous arrivons vers 10 heures au fameux salon de thé. Mais nous avions sous-estimé son succès : tout est plein, la prochaine réservation est dans une heure ! L'occasion pour nous d'aller faire un tour dans la ville avant la grosse chaleur de la journée. 
J'en profite pour vous montrer cette photo, typique de l'architecture de la ville : vous marchez dans la rue, parmi les immenses buildings modernes, quand soudain... 


New York, c'est l'hétéroclite, le loufoque, et il faut avouer que ça a du charme ! Même si le bruit des voitures et la chaleur moite des rues nous fait regretter les grands espaces des campings, nous nous laissons charmer par l'architecture si particulière de la ville. 

Une heure plus tard, ne revoilà donc au Alice Tea Cup - 3ème tentative... Cette fois, c'est la bonne ! Ça tombe bien, parce que nous commençons à avoir vraiment faim. Mais l'attente valait le coup : la déco nous en embarque dans l'univers d'Alice au pays des merveilles, et les crêpes... Les crêpes !!! Les meilleures que nous ayons mangées : banane-sirop d'érable et fraise-nutella, avec une crème légère, ainsi qu'un scone parce qu'il faut bien qu'on goûte à toutes les spécialités locales (la serveuse à dû nous mimer Halloween pour que nous comprenions qu'il y en avait à la citrouille - nous connaissions le mot mais cela nous semblait tellement incongru qu'on n'y croyait pas !). Les thés (cannelle pour moi, menthe-bergamote pou Mehmet) étaient aussi très doux, légèrement épicés et avec des saveurs variées aux différents moment de la gorgée. J'ai l'impression de faire une publicité là, mais je vous assure, c'était délicieux !
Avant les informations pratiques, je vous laisse apprécier en images l'ambiance de ce charmant salon de thé :

Bienvenue dans l'univers merveilleux d'Alice...


On admire les petits chats qui récupèrent la dernière goutte de thé. Et ce que vous ne voyez pas : notre table est en fait une vieille machine à coudre retournée !
Informations pratiques :
Nature : Salon de thé / magasin de cadeaux
Lieu : Alice Tea Cup
Adresse : 102 West - 73rd Street - New York
Tarifs : Pour le brunch, formule à 10$ pour une théière au choix et deux crêpes.
Scones : 3$
D'autres formules disponibles, ainsi que d'autres pâtisseries. Possibilité de ne commander que du thé et d'en acheter un sachet.
A noter : Pensez à réserver si vous voulez y manger ! Repas possibles les midi uniquement, brunch le dimanche.


 C'est donc le ventre bien plein que nous nous aventurons dans un autre moyen de transport New Yorkais : le métro. Nous prenons laborieusement nos tickets avec une guichetière vraiment pas aimable, qui nous donne deux plans - un pour chacun, pensons-nous naïvement. Après un long moment à regarder un plan qui nous semble incompréhensible (il y a des lignes partout !), nous prenons une ligne - plus ou moins au hasard, il faut l'avouer. Comme elle ne va pas au bon endroit, nous sortons à Times Square, où les portraitistes nous font envie. On ne résiste pas au plaisir de réaliser notre premier portrait en amoureux ! Après des négociations musclées, bien entendu : le prix descend, grâce à Mehmet, de 60$ (40 pour le portrait et 20 pour le malheureux bout de carton sensé le protéger - "Regardez, le crayon coule, vous allez l'abîmer si vous ne l'achetez pas !") à 25$ le tout.

Les regards des passants qui rient en nous voyant ne sont pas pour nous rassurer sur la qualité de l'esquisse (d'autant que c'est aussi un caricaturiste). Puis progressivement, les pouces se lèvent et les sourires deviennent admiratifs : ouf, le résultat est plutôt réussi, même si Mehmet a le visage un peu trop fin ! Mais ça nous fait un super souvenir, que nous ne sommes pas près d'oublier.

Notre portrait (photo prise du Brooklyn Bridge, au milieu d'une marée de touristes)

Après cette petite pause à respirer les bouffées de pollution, nous reprenons le métro pour essayer une nouvelle fois d'atteindre notre destination : le Brooklyn Bridge. Après quelques détours (ce plan est vraiment incompréhensible ! Il y a plein de couleurs, mais les lignes que nous prenons sont à peine visibles, toutes blanches... et on ne voit pas bien les arrêts), nous finissons par y parvenir. Notre première impression pour le qualifier : une autoroute à piétons !


Et la seconde : cette partie-là de NYC est très différente, mais tout aussi jolie :


Et la dernière : le chemin est long ! Nous n'imaginions pas le pont si grand...

Quand nous rebroussons chemin, direction notre prochaine visite : Chinatown et Little Italy, assez proches pour qu'on puisse y aller à pieds. Le changement de décor est pour le moins... Surprenant. On y trouve ça...


A côté de ça...

Et de ça !

Regardez le panneau... Oui, je vous assure, on est bien à NYC !

En remontant la rue principale, qui me rappelle fortement des souvenirs du Viêt Nam, on sent une légère évolution dans le paysage, qui s'éclaircit doucement. Et soudain : nous voilà arrivés en Italie. A croire que les New Yorkais ont inventé un système de faille spatio-temporelle !
Chinatown

Little Italy

Nous n'avons pas perdu notre journée : trois pays en une seule ville, c'est un record, non ?

Après avoir cherché longuement une bouche de métro qui ne soit pas en travaux, qui vende des tickets et qui aille dans le bon sens, nous montons dans une rame pour rentrer à l'hôtel, vérifiant soigneusement qu'elle s'arrête bien aux bons arrêts. Oui, c'est bon... Sauf qu'à partir de Times Square, c'est la ligne droit jusqu'au haut de l'île ! 
En désespoir de cause, je demande à Mehmet de regarder sur sa carte s'il y comprend quelque chose. Et c'est là que nous avons une révélation : la dame de l'accueil ne nous a pas donné une carte chacun, non. Il y avait une carte de bus, et une carte de métro. Devinez laquelle on a utilisée toute la journée ?

Jour 8 - New York City - Sea Brigh, New Jersey

Le jour se lève sur notre dernier jour à New York !
Après avoir quitté la chambre d'hôtel et déplacé la voiture dans un garage payant pour la journée (où deux hommes en costume la garent à notre place avec un mépris flagrant), pour 11$, nous bataillons de nouveau avec le plan de métro (le bon, cette fois !) pour nous rendre à la pointe de Manhattan. Direction : la statue de la liberté !
Nous arrivons tôt, un lundi, car nous savons qu'il y a souvent beaucoup de monde. Bon. La prochaine fois, on ira camper devant plutôt, ce sera plus efficace : à 10h du matin, déjà trois heures de queue : 1h30 pour acheter un ticket et 1h30 pour arriver jusqu'à un ferry. De loin, elle est belle aussi, la statue de la liberté !

Du coup, nous profitons des alentours et découvrons le pendant maritime des "yellow cabs" :


Et nous nous enfonçons dans la ville pour prendre un petit-déjeuner dans un Starbucks et découvrir au petit bonheur les rues de New York. Nous suivons Broadway (tiens, elle est encore là, elle ?) et tombons nez-à-nez, presque par hasard, avec la célèbre Wall Street. Ça donne :  

Bâillement.
"Tiens, regarde ce building, comme il est immense !
- Ah oui, il est impressionnant. Il semble plus ancien que les autres, qu'est-ce qu'il y a écrit dessus ?
- Wall... Street.
- Ça me dit quelque chose..."
Illumination. 



"Et si on allait faire les magasins ?
- Euh...
- Regarde, dans le guide il y en a un qui solde plein de produits informatiques !
- Bon, d'accord..."
Deux heures plus tard.
"Oh, y'a plein de monde là-bas, qu'est-ce que c'est ?
- On dirait qu'il faut payer l'entrer...
- Viens, on s'approche !"

Vous vous demandez quel était ce bâtiment mystère ? La réponse en images :





Eh oui, c'est le fameux "Grand Zero", la construction des cinq tours destinées à remplacer les Twin Towers... et l'entrée est bien payante. Sur les panneaux qui cachent les travaux, on apprend qu'ils vont faire une fontaine commémorative en forme de piscine - ne nous demandez pas pourquoi, on ne sait pas non plus. 
 Et comme il se trouve qu'il n'y avait pas grand chose à voir et que juste à côté, il y avait un immense magasin de la taille d'un quartier entier, sur plusieurs étages qui vendait des tas de marques à prix dégriffés, on est repartis faire un peu de shopping. Si vous cherchez des français à New York, allez au Century 21, juste à côté du Grand Zero : ils se jettent sur les vêtements, portes-monnaie, chaussures et autres sacs à main ou éléments décoratifs. A la caisse - oui, nous aussi nous avons craqué et ramené plein de souvenirs ^^ -, un couple de vieux "locaux"  s'amuse de nous entendre parler des prix vraiment bas, et commentent en disant que chez nous, tout est cher. Ça nous a bien fait rire, au moment de passer la carte bleue dans la machine (sans signer, toujours - je ne m'y habituerai pas) !

Mais le temps passe, et il est temps de rentrer... Sans encombres, nous parvenons à la voiture pour déposer nos achats. Avant d'en ressortir pour aller dans un Apple Store. Oui, je vous avais dit que l'iPad 2 nous avait plu, non ? Bein on a profité du séjour pour tester toutes les autres tablettes et... Voilà, on a fait notre choix. On va ramener un sacré souvenir !
Bon, il faut quand même se batailler pour l'avoir : d'abord attendre qu'un vendeur vienne nous voir, ensuite refuser tous les gadgets ultra chers qu'il veut nous vendre. Nous rappeler que les taxes ne sont pas incluses dans le prix. Hésiter, décider. S'apercevoir que ma CB a dépassé son plafond parce que l'hôtel vient de me retirer le prix des trois nuits. Essayer celle de Mehmet, courir à la voiture la chercher, ne pas oublier le passeport au passage, arriver juste avant la fermeture... Ouf, cette fois, ça marche ! On l'a eu, notre bel iPad !

Cette fois, il est temps de partir - il fait déjà nuit quand on quitte New York. On ne résiste pas à un dernier tour en voiture, de nuit, avant de rejoindre le New Jersey (par le tunnel, cette fois - gratuit celui-là) :






C'est bô, hein ?


Et maintenant, directions le New Jersey pour aller voir l'Atlantique !
Euh, oui mais... Où est-ce qu'on va dormir, dites ? Les campings sont fermés à cette heure-ci...
La solution est simple : que serait un road-trip sans une nuit dans la voiture, très confortable au demeurant ? Après quelques heures de trajet, nous nous arrêtons sur un parking de pharmacie ouverte toute la nuit, baissons les sièges, attrapons les oreillers et la couette... et bonne nuit !

Deux heures du matin : une voiture de police s'arrête à côté de la notre. Un peu groggy par le sommeil et la chaleur (on étouffe dans la voiture !), Mehmet répond à ses questions comme il peut.
Nous sommes des français en vacances - non, pas canadiens, français, on a loué notre voiture. On vient de New York. On roulait pour rentrer au Canada mais Mehmet s'endormait sur la route donc il s'est arrêté pour faire une petite sieste. Non, il n'a pas bu d'alcool. Ni fumé ! Il avait juste sommeil et ne voulait pas s'endormir au volant... 
Le policier s'en va sans un au revoir, et nous continuons notre nuit tranquillement jusqu'au lever du soleil - et même après, parce qu'il pleut alors notre journée sur la plage est compromise...

Jour 9 : Sea Bright, New Jersay - Sunset park, New York

Nous dormons toujours dans la voiture (enfin, Mehmet dort pendant que je surfe sur l'Internet de la pharmacie, incapable de fermer l’œil) quand le ciel se dégage. Chic, on va pouvoir aller se baigner ! Hop hop hop, on programme le GPS pour un point de la côte où j'ai vue (sur l'internet de la pharmacie) qu'il y avait une plage, on roule, on longe l'Atlantique et ses belles plages de sable blanc, et on arrive à la plage de Sea Bright, très propre et avec peu de monde. 
Tiens, mais pourquoi tout le monde montre un bracelet aux maître nageurs avant d'entrer ? Peut-être qu'il nous en faut un aussi ? La réponse est oui - et il coûte 4$ par personne. Bien sûr on a le droit de le garder pour les prochaines fois, mais il faut avouer que ça ne nous servira pas beaucoup... Heureusement qu'il est rose fluo, comme ça on peut le garder en décoration ! (Sans rire, on l'a vraiment gardé trois jours pour le rentabiliser). 
On se baigne tranquillement sur une superbe plage, on dore, on se baigne, on brûle, on se rebaigne...



On devient rouges comme une écrevisse, on se rebaigne... 
Mehmet : "Tu crois qu'il y a des requins ?"
Moi : "Mais non, ils préviennent quand il y a un risque aux USA. En Floride il y avait des panneaux..."
Mehmet : "Je sens un truc bizarre dans l'eau !"
Moi : "Ça doit être une algue."
Triiiit ! Le sifflet du maître nageur ; on court hors de l'eau en tentant d'échapper aux vagues, on essaie de comprendre ce qui se passe. Un maître nageur va dans l'eau en canoë, verse sous les cris affolés des femmes qui sont à côté de nous, rentre à la nage. Il repart, l'air pas très sûr de lui, avec un autre maître de nageur non moins effrayé, dans une grosse barque cette fois. Nous, on essaie de comprendre le mot que tout le monde répète sans arrêt.
Mehmet : "J'ai entendu 'shark' !"
Moi :  "Ça y ressemble, mais ça ne doit pas être ça quand même..."
C'était bien 'shark'. Et même qu'on l'a vu, deux fois de suite, pile à l'endroit où on se baignait juste avant. Alors bon, on se dit : les requins n'attaquent pas les hommes en général, c'est juste une mesure de sécurité. Sauf que le maître nageur nous apprend que c'est la première fois qu'il en voit un ici, qu'il n'a rien à faire là et que s'il est si près des côtes, il peut avoir faim et s'attaquer aux hommes. Ah. On peut se rebaigner ? Oui mais non, sans façon... On a de la route à faire, vous savez !

Bon, l'océan, c'était super ! On a retourner dans la voiture maintenant. A l'abri.
GPS programmé pour... quelque part dans un parc sur le chemin du retour. Cinq heures de route et un arrêt dans une pharmacie pour acheter de la crème après-soleil plus tard, nous apercevons un panneau "campground" qui nous plaît bien. On y va, on se perd dans la campagne, on arrive au fin fond d'un trou perdu et on voit une femme sortir de l'office d'un camping. Il est 20h03, et elle vient de fermer. Ouf, on arrive juste à temps pour avoir un emplacement !
Et là... nous avons droit au meilleur emplacement depuis le début du voyage. Non seulement le camping est vide, mais nous avons une vue sur un lac avec une petite plage où nous pouvons admirer le coucher du soleil. Le ciel étoilé est magnifique, il n'y a pas un bruit : ce que ça fait du bien, après plusieurs jours dans la ville qui ne dort jamais !






Informations pratiques :
Lieu : Sunset Park Campground
Prix par nuit : 24 $ (y compris l'accès à la plage)
Emplacement : Tente, voiture, foyer de barbecue, table de pique-nique. Vue sur le lac magnifique.
Sanitaires : Inexistants ? Ou c'est tout comme : les toilettes ne ferment pas (je veux dire, même la porte extérieure), les douches sont sales et on se demande si elles servi depuis moins de trois ans.
50c pour se doucher.
Possibilité d'acheter du bois, de se baigner, de se promener.
Très calme




Jour 10 : Sunset Park - Saint Jacobs

Bon eh bien, je crois qu'il est temps de vous dire au revoir... Cette dernière journée s'est passée dans la voiture, sur la route, et n'a pas été très trépidante - quoique fort plaisante. C'est avec un brin de nostalgie et des étoiles plein les yeux que nous avons repassé la douane - très facilement cette fois, pas plus de dix minutes ! - retrouvé la route de St Jacobs, lavé et rendu la voiture... 


Allez, je ne résiste pas à vous conter une dernière (més)aventure. Cette histoire se passe bien après notre retour en France, de l'autre côté du monde. Près de deux mois après avoir retrouvé notre contrée et ses merveilleuses baguettes, échangé nos valises qui avaient été sérieusement endommagées pendant le voyage et englouti tout le sirop d'érable que nous avions ramené, Mehmet a découvert un petit cadeau sur son compte en banque. 50 euros retirés par Avis, la société de location de véhicules de Waterloo... 
Bon. Ce doit être une erreur. Nous téléphonons, essayons de comprendre ce que nous explique le monsieur (l'anglais s'est déjà rouillé, et au téléphone, ça n'aide pas !). On comprend très bien qu'il n'y peut rien, mais pourquoi, ça... Une brève recherche sur Internet plus tard, et nous avons la réponse : "ticket", c'est amande ! Oui, bon, on le savait, mais comme on n'a eu aucun problème sur place et que le système du flash n'existe pas, ça ne nous était pas venu à l'esprit. 
Notre amande-mystère a donc été payée par l'agence, qui a bien sûr pris un large dédommagement. Et comme là-bas ils n'ont pas besoin du code pour retirer, elle s'est servie directement ! J'ai cherché partout ce que ça pouvait être, et apparemment, d'autres ont eu le cas. On aurait peut-être raté un péage en passant par la voie des abonnés en suivant le GPS : pas de contrôle, rien... Comment auraient-ils pu savoir ? 
Ça reste encore un mystère.


Sur ce, je vous dis au revoir, à tous ceux qui ont eu le courage et la patience de me lire jusqu'au bout. N'hésitez pas à réagir ou poser des questions dans les commentaires, ils sont là pour ça ! Ç’a été un plaisir de partager notre aventure avec vous et de la revivre un peu une fois rentrés
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on revient avec des souvenirs pour longtemps, très longtemps !


Bises à tous !